logo

IT-11 Audio

Amplification a lampes - Effets - Guitares
Fabrication - Maintenance - Reglages

Parlons pedales de disto

Written by it11audio on . Posted in blog, Pedal

On va parler pédales de distorsion … pour faire court : cela part de l’overdrive, cela se poursuit par de la grosse disto pour terminer en fuzz cataclysmique.

Sans entrer dans de lourds débats de chapelles, l’overdrive c’est une disto “légère” : un “crunch” léger, quand le clean commence à se salir un peu ou un crunch plus appuyé que l’on ne peut plus confondre avec un clean. Pour illustrer un peu : pour moi, “It’s a long way to the top” de AC/DC (album High Voltage / T.N.T.) c’est du gros crunch cinglant (ça ressemble à du Marshall Superlead, mais je n’en sais rien, je n’étais pas présent à l’enregistrement).

La disto, ce serait plutôt côté Gary Moore, vous voyez ? On a quitté le gros crunch, on rentre dans la grosse disto avec beaucoup de sustain. Je ne parle pas de gros metal very-very-high-gain-qui-tâche, je n’y connais rien.

La fuzz ? Entre autres exemples (il y en a des tas et des tas), l’intro de “Satisfaction”, des Stones (Keith utilise une Maestro Fuzz Tone sur ce morceau).

On pourrait en discuter des heures, c’est juste pour poser le décor. Je vais prendre trois exemples de pédales et voir un peu comment elles modifient le signal :

  • Overdrive : une bonne vieille Ibanez TS9, saturation douce,
  • Distorsion : une Marshall Guv’Nor,
  • Fuzz : une Fuzzface

Pour faire simple, un son clean se rapprocherait plutôt d’une sinusoïde (sinusoïde que l’on obtient sans trop de peine en jouant une harmonique à la guitare, par exemple au dessus de la 12ème frette). Un beau clean ne se limite pas à une bête sinusoïde, ce serait assez “plat” et puis toutes les guitares et tous les amplis sonneraient pareil, ce serait bien triste (en gros, dans un “beau” clean, il y a déjà de la saturation, mais on ne l’entend pas. Plus des transitoires, un “decay” = comment le son se prolonge et toute une palanquée de trucs qui sont hors sujet de cet article !). Bast ! pour simplifier, on va dire que clean = une sinusoïde.

Sinus_tout_simple

Une bête sinusoïde (source Wikipedia)

Et la disto ? La distorsion déforme cette belle sinusoïde, un peu ou beaucoup. Si c’est un peu : la sinusoïde a tendance à s’aplatir, si c’est beaucoup, la sinusoïde a tendance à devenir “carrée”. Dans tous les cas, des harmoniques apparaissent. Un gars qui s’appelait Joseph Fourier a expliqué en 1822 qu’un signal périodique de forme quelconque et de fréquence f (genre ce qui sort de notre pédale de disto) peut se décomposer en une somme de sinusoïdes dont les fréquences sont des multiples entiers de f : les harmoniques. Ca, c’est pour faire savant. Si en plus vous voulez vous la péter, vous parlez de FFT (Fast Fourier Transformation = la recherche de toutes ces harmoniques)

Prenons un son simple : une sinusoïde à 500Hz (signal pur mais musicalement peu intéressant), injectons-le dans une pédale de « distorsion » et observons le signal modifié.

Un overdrive comme une TS9 écrase un peu le signal, une distorsion type Guv’Nor le modifie plus nettement et une Fuzz l’écrête totalement !
Cette déformation génère des harmoniques qui sont des fréquences multiples de la fréquence fondamentale de départ (il y a des harmoniques paires : fréquence fondamentale x2 = 1000Hz, x4 = 2000Hz etc. ou impaires : x3 = 1500Hz, x5 = 2500Hz …).

Le son est « enrichi » par ces nouvelles fréquences qui viennent s’ajouter au son de base … mais attention : certaines harmoniques ne correspondent plus du tout à une note de la gamme, et jouer un accord complexe avec beaucoup de distorsion peut amener à une véritable bouillie sonore !

Les figures suivantes illustrent ce phénomène :

  • La forme du signal en entrée (bleu) et en sortie de pédale (jaune),
  • L’analyse graphique (en vert) présentant l’amplitude des harmoniques en fonction de la fréquence : on retrouve la fondamentale à 500Hz (le signal injecté) plus un certain nombre d’harmoniques générées par la pédale.

TS9-Signal

La TS9 illustre bien ce phénomène de signal gentiment déformé / aplati en sortie (à comparer avec la belle sinusoïde injectée en entrée de la pédale). On associe souvent plus ou moins consciemment “harmoniques paires” avec saturation douce, on voit ici que la TS9 génère essentiellement des harmoniques impaires.

Guvnor-Signal

Avec la Guv’nor, on fait dans de la grosse disto (enfin “grosse” et classique, on est loin des méga-high-gain-nu-uber trucs). Une Guv’nor, ça sonne ! Voyez que le signal en sortie est bien plus carré qu’avec la TS9 : plus d’harmoniques, paires et impaires comme le montre l’analyse fréquentielle.

FF-Signal

La Fuzz : elle ne respecte donc rien ?! Et non ;-) Même le signal d’entrée est déformé (en bleu, notez comment notre belle sinusoïde est maltraitée à l’entrée même de la pédale !) : cela fait partie du fonctionnement de la Fuzz. D’ailleurs, une Fuzz a horreur d’être placée derrière un buffer (un bidule qui muscle le signal et l’empêche d’être déformé) : du coup, par dépit, elle se met à sonner assez strident, pas agréable du tout !

Quant au signal de sortie, il a pris cher : on est presque carré (un max d’harmoniques) et d’ailleurs, sur l’analyse fréquentielle, on voit cet “ouragan” d’harmoniques !

Cela fait déjà un moment que j’avais rédigé ce petit article, qui mériterait probablement des explications complémentaires, mais il m’est venu l’idée de le publier, en espérant que cela vous aura intéressé.

Website Pin Facebook Twitter Myspace Friendfeed Technorati del.icio.us Digg Google StumbleUpon Premium Responsive

Trackback from your site.

Leave a comment

Categories du blog